Notre nom est une rencontre de deux écritures. En filigrane, la calligraphie arabe رواية (riwāya) — au singulier, le récit confié, l'histoire portée par une seule voix, par une seule carte postale. Par-dessus, en lettres latines, RIWAYAT — le pluriel, les récits rassemblés, le corpus qui prend forme. Une carte est un récit, mille cartes sont mille récits, et tous ensemble forment un dictionnaire vivant. Telle est l'ambition de ce musée : préserver l'unicité de chaque pièce tout en la reliant à toutes les autres. Du singulier au pluriel, sans rien perdre de l'intime.

— L'IDÉE OBLITARIUM —

Bien plus qu'un musée.

Oblitarium est une mosaïque. Cinquante musées virtuels Jouzour, ville par ville, rassemblent plus de cent vingt mille membres. Un livre fondateur a été écrit. Une revue est parue. Des milliers de cartes postales anciennes ont été photographiées, indexées, racontées.

Mais ce que personne ne fait — et c'est peut-être ce qui compte le plus — c'est de collecter le patrimoine immatériel qui surgit autour de chaque image.

Une récolte qui n'a pas de nom

Cette grand-mère qui reconnaît une rue. Ce monsieur de Sousse qui se rappelle l'odeur du marché en 1955. Cette femme à Marseille qui dit « mon père tenait ce magasin ». Cette histoire de famille qu'on n'avait jamais écrite.

Chaque commentaire déposé sous une carte est une pierre dans un édifice plus grand. Cet édifice n'existait nulle part. Aujourd'hui, il prend forme ici.

Pas de frontière, pas de passeport

Oblitarium n'appartient à aucune nation, à aucune communauté. Il est intra-communautaire et international. Une Tunisienne d'Allemagne, un Français descendant de la diaspora juive de Tunis, un Algérien curieux d'une carte de son grand-père, un Tunisien resté au pays — tous peuvent déposer leur ressenti, leur souvenir, leur fragment de mémoire.

Il n'y a plus de frontière. Il n'y a plus de passeport. Il y a juste une carte postale, un fragment d'humanité, et autour, des voix qui se croisent.

Ce qu'on récolte, concrètement

Tout cela, mis bout à bout, constitue un patrimoine que personne ne collectait avant. C'est notre vraie mission — pas seulement archiver des cartes, mais sauver les voix qui tournent autour.

— L'équipe Oblitarium