Une carte postale,
un fragment d'humanité.
Oblitarium n'est pas un musée comme les autres. Pas de vitrines, pas de gardiens en uniforme, pas de salles silencieuses. C'est un musée vivant, tissé par les regards de celles et ceux qui conservent chez eux une carte postale ancienne du Maghreb.
À notre connaissance, c'est l'un des premiers musées virtuels au monde consacré à un fonds de cartes postales anciennes — et l'un des rares à fonctionner sur le principe d'une conservation distribuée, où chaque carte reste chez son propriétaire mais entre dans un corpus collectif.
L'origine
Au commencement, il y a une collection privée — celle d'un homme qui a rassemblé pendant des années les cartes postales anciennes de la Tunisie. Soixante mille pièces qui dormaient sur des étagères, et qui méritaient mieux qu'un coffre fermé.
L'idée a été simple : ouvrir les portes. Plus encore : inviter d'autres collectionneurs à faire de même. Une carte que vous possédez chez vous, à Tunis, à Sfax, à Sousse, à Paris, à Marseille, à Montréal — il vous suffit de la numériser et de la verser au corpus pour qu'elle entre dans le musée, en gardant votre nom comme conservateur.
Le musée n'est pas un dépôt anonyme. Il est tissé par les regards de centaines de gardiens. Chaque carte porte la signature de celui qui veille sur elle.
Pourquoi une carte postale ?
Parce qu'une carte postale, contrairement à un texte ou à un discours, ne déclenche pas immédiatement de camp. Personne ne s'engueule sur une vue de la rue de la Kasbah en 1907. On se penche dessus. On reconnaît un coin, un détail, on appelle sa mère, on demande « et toi tu étais passé par là ? ». Le souvenir devient un terrain neutre où la rencontre redevient possible.
Voilà la mission profonde du musée : faire de la mémoire un pont entre les générations, entre les villes, entre les diasporas. C'est ce que nous appelons le musée du vivre ensemble.
Notre modèle, simple et juste
Tout ce que vous voyez ici est gratuit. La consultation des fiches, les images en haute définition via le Zoom, la participation aux conversations autour de chaque carte. Pour tous les comptes inscrits, sans condition.
Le musée a un coût — les serveurs, l'archivage, la numérisation, le développement, le temps. Au lancement, nous prenons ce coût à notre charge pour ouvrir l'œuvre à toutes celles et ceux qui passent. Si plus tard nous proposons un mode de soutien financier, ce sera annoncé clairement, et la consultation restera libre.
L'être humain est un musée
Une dernière chose, qui est peut-être la seule qui compte.
L'être humain n'est pas un visiteur de musée. Il est un musée. Plus riche qu'un tableau accroché sous un éclairage, plus mouvant qu'une œuvre dans une vitrine, il vit avec ses cinq sens, ses sens intérieurs, ses souvenirs, ses rencontres. Certaines salles de son musée intérieur sont ouvertes, d'autres restent fermées — c'est l'amour qui ouvre les portes.
Quand vous entrez dans Oblitarium, vous ne consultez pas une base de données. Vous visitez le musée des autres, et eux visitent le vôtre. Chaque carte est une porte vers un fragment d'humanité.
Soyez les bienvenus.